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- Le jour de l'envol -






Le jour de l’envol












 
Au Brésil, des gens souvent d’origine modeste travaillent et investissent parfois pendant trois années entières dans la construction d’un ballon en papier qui peut atteindre jusqu’à 60 m de haut. Il est peint et décoré de ses plus belles couleurs quand il s’envole le jour, et emporte des dizaines de luminaires et de bougies pour un voyage nocturne.
Le feu et le papier réunis dans l’envol du ballon.
Le travail de longue haleine et la magie de l’instant.
Trois ans pour vingt minutes.
Ils regardent le ballon s’enfoncer dans le ciel. Vingt minutes. Seulement vingt minutes.

Et il disparaît dans la nuit, ou derrière la colline.
Vivre maintenant, l’instant.
Plus personne ne le verra ensuite.
Ne plus parler, regarder, écouter. Retenir son souffle, respirer. Crier.
Tout le monde le croit : il fera le tour du monde.
A peine le ballon envolé, ils se remettent au travail pour le suivant, imaginent les plans les plus fous, les formes et les tailles les plus osées, distribuent les tâches et investissent le temps pour construire ensemble vingt minutes de rêve et de vent. Et cette liberté n’a pas de prix.
Les « baloieros », constructeurs de ballon, vivent de l’envol futur du ballon, s’incarnent en lui, défient les lois de l’apesanteur, et partent avec lui, en emportant tout ceux qui le désirent ...
  
Quelque part, dans l’esprit endormi de quelqu’un, un ballon est sur le point de s’envoler.
Une bouteille à la mer, mais dans le ciel de sa tête.
Un espoir. Une fête qui n’existe pas. Pourtant, elle a l’air d’être inscrite au calendrier, comme une fête annuelle : ce soir, c’est le jour de l’envol, l’envol du ballon.


Cinq musiciens tentent de s’accorder. Une ultime répétition pour une fête imaginaire.
Les instruments sont rebelles, le kiosque trop petit, le discours dans une langue que l’on ne comprend qu’à demi-mot, mais qu’importe. Ils préparent la fête et la vivent. Ils sont la fanfare sur le kiosque et le discours dans la plaine. Ils parlent avec l’ailleurs, s’emmêlent avec le verbe, dévisagent le hurlement des loups.
La procession du jour J s’enflamme et se décompose en danse vaudou. Un rock endiablé…

Le jour de l’envol, un jour qui « est », sans narration particulière, si ce n’est celle de cinq âmes qui se débattent avec la réalité musicale et l’apesanteur pour tenter de donner corps au rêve de l’envol.







































































 

 


 





presse Le jour de l'envol au Théâtre de la Balsamine :

La libre Belgique
Le soir



graphisme : Nicolas Marchant :: developpement : LilluWeb